Transmettre ses comptes et mots de passe à ses proches
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Sur cette page
- Pourquoi c'est devenu essentiel
- Ce que la loi française vous permet déjà
- Ce que vos proches pourront faire — et ce qu'ils ne pourront pas
- Les pièges de la double authentification
- Les outils que les plateformes proposent déjà
- Le faire en sécurité
- La solution de Prévenance Succession
- Questions fréquentes sur la transmission des accès

Sans vos identifiants, vos proches ne peuvent ni consulter un compte, ni résilier un abonnement, ni récupérer vos photos. La loi française vous permet depuis 2016 de laisser des directives sur le sort de vos données après votre décès (article 85 de la loi Informatique et Libertés), et vos héritiers peuvent faire clôturer vos comptes — mais ils n'ont pas le droit de lire vos messages privés. D'où l'intérêt de préparer soi-même ce qui doit être transmis.
Pourquoi c'est devenu essentiel
La banque, les impôts, la retraite, l'assurance, l'énergie, la messagerie : la plupart de ces services ne sont plus accessibles que sur internet, derrière un identifiant et un mot de passe.
Sans ces accès, une famille peut se retrouver incapable de consulter un compte, de résilier un abonnement ou même de récupérer des souvenirs numériques. La transmission des accès est devenue aussi importante que celle des clés de la maison.
Ce que la loi française vous permet déjà
Le texte de référence
Article 85 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. En vigueur depuis le 1er janvier 2020.
Article 85 de la loi Informatique et Libertés (Légifrance) ↗
Peu de gens le savent : depuis la loi pour une République numérique de 2016, chacun peut décider à l'avance du sort de ses données personnelles après sa mort. C'est l'article 85 de la loi Informatique et Libertés, en vigueur dans sa rédaction actuelle depuis le 1er janvier 2020. On parle de « directives post-mortem », et elles sont modifiables et révocables à tout moment.
Elles prennent deux formes. Les directives générales portent sur l'ensemble de vos données et s'enregistrent auprès d'un tiers de confiance numérique certifié par la CNIL, dont les références figurent dans un registre unique. Les directives particulières, elles, ne concernent qu'un service donné et se déposent directement auprès de lui.
Un point mérite d'être souligné, parce qu'il est contre-intuitif : accepter les conditions générales d'un service ne vaut PAS directive particulière. Le texte exige un consentement spécifique. Cocher une case à l'inscription ne règle donc rien.
Vous pouvez enfin désigner la personne chargée d'exécuter ces directives. À défaut, ce sont vos héritiers.
Ce que vos proches pourront faire — et ce qu'ils ne pourront pas
La source de ces droits et de leurs limites
Fiche « Mort numérique : quels sont vos droits ? Quels sont les droits des héritiers ? » sur cnil.fr, mise à jour le 31 octobre 2025.
En l'absence de directives, vos héritiers ne sont pas démunis, mais leurs droits sont plus étroits qu'on ne l'imagine. La CNIL les décrit précisément : ils peuvent faire clôturer les comptes utilisateurs du défunt, s'opposer à la poursuite des traitements de ses données, faire prendre en compte le décès par les plateformes, et obtenir les informations nécessaires au règlement de la succession.
En revanche — et c'est le point que presque personne n'anticipe — un compte de messagerie ou un profil sur un réseau social reste strictement personnel et couvert par le secret des correspondances. Vos héritiers n'obtiendront pas le droit de lire vos messages privés du simple fait qu'ils héritent.
La conséquence est concrète. Ce que vos proches sauront de votre vie numérique, c'est essentiellement ce que vous aurez noté de votre vivant. Un compte dont personne n'a connaissance ne sera ni fermé, ni récupéré : il continuera d'exister, et parfois d'être facturé.
Les pièges de la double authentification
De nombreux comptes sont protégés par une double authentification : un code reçu par SMS, par email, ou via une application. Si vos proches n'ont pas accès à votre téléphone ou ne savent pas où chercher ce code, l'identifiant et le mot de passe ne suffisent plus.
Il est donc utile de noter, pour chaque accès important, la méthode de validation utilisée et où la retrouver. C'est un détail qui fait toute la différence pour vos proches.
Les clés d'accès — les « passkeys » qui remplacent peu à peu les mots de passe — poussent la difficulté d'un cran. Elles ne sont pas des caractères qu'on recopie sur un papier : elles vivent dans le téléphone, l'ordinateur ou le trousseau du fabricant. Là, ce n'est plus un mot de passe qu'il faut transmettre, mais l'accès à l'appareil lui-même et le code qui l'ouvre.
Un dernier cas piège : le numéro de mobile. Beaucoup de codes de validation y arrivent, et une ligne résiliée peu après un décès emporte avec elle l'accès à tous les comptes qui en dépendaient. Résilier tôt paraît logique ; c'est souvent ce qui bloque la suite.
Les outils que les plateformes proposent déjà
Le mécanisme de Google, à titre d'exemple
Le Gestionnaire de compte inactif se règle depuis les paramètres du compte Google : durée d'inactivité, personnes à prévenir, données à partager.
Les grands services ont chacun leur mécanisme, gratuit et à activer de son vivant. Ils ne couvrent qu'une partie de votre vie numérique, mais ce sont des directives particulières au sens de la loi, et ils fonctionnent.
Google propose le « Gestionnaire de compte inactif » : au bout d'une période d'inactivité que vous fixez, jusqu'à dix personnes de votre choix sont prévenues et peuvent recevoir tout ou partie de vos données. Apple a son « contact légataire », disponible depuis iOS 15.2. Meta permet de choisir à l'avance entre la transformation du compte en compte de célébration et sa suppression. Microsoft prévoit une demande d'accès aux données du défunt.
Leur limite est la même partout : chacun ne parle que de son propre service. Aucun ne vous dira où se trouve votre contrat d'assurance-vie, ni à quelle banque en ligne vous avez ouvert un compte. C'est pour ça qu'un inventaire tenu par vous reste nécessaire.
Le faire en sécurité
Évitez le carnet laissé en évidence ou le fichier non protégé sur l'ordinateur. À l'inverse, un coffre sécurisé dont personne n'a la clé ne sert à rien non plus.
La bonne approche tient en deux points : conserver ces informations dans un espace protégé, et prévoir un mécanisme clair pour qu'elles parviennent à des personnes de confiance au bon moment, et à elles seules.
La solution de Prévenance Succession
Pour chaque organisme en ligne, vous pouvez enregistrer le site, l'identifiant, le mot de passe et la méthode de double authentification. Tout reste privé tant que vous êtes là.
Le moment venu, après une demande de réception vérifiée par code SMS et un délai de sécurité de 48 h, vos personnes de confiance accèdent à ces informations en lecture seule. Ni avant, ni pour quiconque d'autre.
Questions fréquentes sur la transmission des accès
- Mes héritiers peuvent-ils lire mes emails après mon décès ?
- Non, pas automatiquement. La CNIL rappelle qu'un compte de messagerie ou un profil sur un réseau social reste strictement personnel et couvert par le secret des correspondances. Vos héritiers peuvent faire clôturer le compte et s'opposer à la poursuite du traitement de vos données, et obtenir ce qui est nécessaire au règlement de la succession, mais pas accéder librement à vos échanges privés.
- Faut-il écrire ses mots de passe quelque part ?
- Le vrai risque n'est pas de les écrire, c'est de les écrire au mauvais endroit. Un carnet posé sur un bureau ou un fichier non protégé sur l'ordinateur sont accessibles à n'importe qui, tout de suite. À l'inverse, un espace chiffré dont personne ne pourra jamais obtenir la clé ne sert à rien le jour venu. Ce qu'il faut, c'est un endroit protégé assorti d'un mécanisme de transmission défini à l'avance.
- Qu'est-ce qu'une directive post-mortem ?
- C'est une instruction que vous laissez de votre vivant sur la conservation, l'effacement et la communication de vos données après votre mort. L'article 85 de la loi Informatique et Libertés la prévoit depuis la loi pour une République numérique de 2016. Les directives générales s'enregistrent auprès d'un tiers de confiance certifié par la CNIL ; les particulières auprès de chaque service concerné. Attention : accepter les conditions générales d'un service ne vaut pas directive, un consentement spécifique est exigé.
- Que devient un compte dont personne ne connaît l'existence ?
- Rien. Il reste ouvert. S'il est associé à un prélèvement, celui-ci continue jusqu'à ce que quelqu'un le remarque sur le relevé bancaire. C'est la raison pour laquelle un simple inventaire — le service, l'identifiant, la méthode de validation — vaut souvent plus que la liste des mots de passe eux-mêmes.
- Le mot de passe suffit-il à ouvrir un compte protégé ?
- Non, dès qu'une double authentification est active. Il faut aussi le second facteur : un code envoyé par SMS, une application d'authentification, ou une clé d'accès stockée dans un appareil. Noter par quel moyen ce code arrive est souvent plus utile que le mot de passe. Et si le numéro de mobile est résilié rapidement après le décès, les comptes qui en dépendaient deviennent inaccessibles.
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