Comment préparer sa succession de son vivant : par où commencer
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- Préparer sa succession de son vivant, de quoi parle-t-on
- Étape 1 — Faire le point sur ce que l'on possède
- Étape 2 — Recenser ses contrats et ses interlocuteurs
- Étape 3 — Donner de son vivant, quand c'est utile
- Étape 4 — Écrire ce que l'on veut : le testament
- Étape 5 — Mettre par écrit ce qui n'est pas du patrimoine
- Quand faut-il consulter un notaire pour préparer sa succession
- Ce que vos proches auront à décider, et dans quels délais
- Étape 6 — Tout réunir au même endroit
- Récapitulatif : les six étapes
- Questions fréquentes sur la préparation de sa succession

Préparer sa succession de son vivant, ce n'est pas anticiper sa mort : c'est éviter à ses proches des mois de recherches et de décisions prises dans le flou. Voici l'ordre dans lequel s'y prendre, ce que chaque geste coûte, et ce qui exige vraiment un notaire.
Préparer sa succession de son vivant, de quoi parle-t-on
Réserve héréditaire et quotité disponible
La réserve héréditaire est la fraction du patrimoine qui doit obligatoirement revenir aux héritiers réservataires. La quotité disponible est la part dont on peut disposer librement, par donation ou par testament. Leur proportion dépend du nombre d'enfants.
Deux choses différentes se cachent derrière le mot « succession ». La première est juridique et fiscale : qui reçoit quoi, et à quel coût. La seconde est matérielle : où sont les papiers, quels contrats courent encore, à quelle banque, sous quel numéro. La première occupe les notaires ; la seconde occupe vos proches pendant des mois, et personne ne s'en charge à leur place.
Ce guide traite les deux, dans l'ordre où l'on peut réellement les traiter. Aucune de ces étapes n'est obligatoire, et aucune n'a besoin d'être faite en une fois. Commencer par l'inventaire, même incomplet, vaut mieux que d'attendre d'avoir tout réglé.
Un repère utile avant de commencer : la loi ne vous laisse pas disposer de tout librement. Si vous avez des enfants, une part de votre patrimoine leur revient obligatoirement — c'est la réserve héréditaire. Le reste, la quotité disponible, est la part que vous pouvez donner ou léguer à qui vous voulez.
Rien ici ne remplace un conseil personnalisé. Dès qu'il y a un bien immobilier, une famille recomposée, un enfant en situation de handicap ou une entreprise, la question se règle chez un notaire, pas dans un guide.
Étape 1 — Faire le point sur ce que l'on possède
Commencez par dresser l'inventaire de votre patrimoine : biens immobiliers, comptes bancaires, livrets, assurances-vie, placements, véhicules, objets de valeur. Notez pour chacun les références utiles et où retrouver les documents.
Cet inventaire n'a pas besoin d'être parfait du premier coup. L'important est de le commencer, puis de le compléter au fil du temps, à votre rythme.
C'est aussi l'étape la plus rentable en temps épargné. Un héritier qui ignore l'existence d'un livret ou d'un contrat passe des semaines à écrire à des organismes au hasard — quand il y pense.
Étape 2 — Recenser ses contrats et ses interlocuteurs
Listez vos contrats récurrents : énergie, internet, téléphonie, assurances, abonnements. Ce sont eux qui, faute d'information, continuent de prélever après un décès et compliquent la tâche des proches.
Notez aussi vos interlocuteurs de confiance : notaire, banquier, conseiller, médecin. Quelques noms et numéros bien rangés évitent bien des recherches.
N'oubliez pas la partie numérique : adresses email, comptes en ligne, abonnements souscrits sur une application. C'est la seule catégorie qu'aucune administration ne traitera, et celle qui bloque le plus souvent.
Étape 3 — Donner de son vivant, quand c'est utile
Donner ne se limite pas à alléger la fiscalité : cela permet d'aider au moment où l'aide sert. Sur le plan fiscal, chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant sans droits, et cet abattement se renouvelle tous les 15 ans — s'y prendre tôt permet de l'utiliser plusieurs fois.
Une donation est définitive : elle ne se reprend pas. C'est sa différence essentielle avec le testament, modifiable jusqu'au dernier jour. Ne donnez que ce dont vous êtes sûr de ne plus avoir besoin.
Il existe des formules pour transmettre sans se dépouiller — donner la nue-propriété d'un logement tout en continuant d'y vivre, par exemple. Le guide dédié détaille les montants, les délais et le barème applicable.
Étape 4 — Écrire ce que l'on veut : le testament
Sans testament, c'est la loi qui répartit. Le testament sert à s'en écarter dans la limite de la quotité disponible, et à désigner des bénéficiaires que la loi ne prévoit pas.
La source de ces formes et de ces tarifs
Fiche « Faire un testament » sur service-public.fr, vérifiée le 18 décembre 2024. Les tarifs des actes notariés sont réglementés ; vérifiez-les sur la fiche avant de vous déplacer.
Le testament olographe ne coûte rien et reste la forme la plus courante. Ses trois conditions ne souffrent aucune approximation : entièrement manuscrit — pas un mot tapé —, daté précisément, et signé. Un testament tapé à l'ordinateur puis signé n'est pas valable.
Vous pouvez le modifier ou l'annuler à tout moment, en en rédigeant un nouveau ou en détruisant l'ancien.
Le dépôt chez un notaire ne sert pas qu'à la conservation : il fait inscrire l'existence du testament au fichier central des dispositions de dernières volontés. C'est ce fichier que le notaire chargé de la succession interrogera. Un testament parfait que personne ne retrouve ne produit aucun effet.
| Forme | Comment | Coût |
|---|---|---|
| Olographe | Écrit en entier à la main, daté précisément, signé | Gratuit — 31,69 € TTC pour le déposer chez un notaire |
| Authentique | Dicté à un notaire devant 2 témoins ou un second notaire | 135,83 € TTC |
| Mystique | Remis cacheté à un notaire devant 2 témoins | Rarement utilisé |
Étape 5 — Mettre par écrit ce qui n'est pas du patrimoine
Vos proches ont souvent besoin de savoir autre chose que qui reçoit quoi : le type d'obsèques que vous souhaitez, ce que vous voulez pour vos animaux, à qui doivent aller certains objets qui ne valent rien mais comptent, ou simplement un mot.
Un autre document, distinct du testament, mérite d'être écrit pendant qu'on le peut : les directives anticipées. Elles disent quels soins vous acceptez ou refusez si vous n'étiez plus en état de vous exprimer. Elles sont gratuites, sans notaire, et depuis 2016 elles s'imposent au médecin.
Ces écrits-là n'ont aucune valeur patrimoniale, et ce sont pourtant ceux que les familles citent le plus souvent comme ayant fait la différence.
Quand faut-il consulter un notaire pour préparer sa succession
Pas systématiquement — mais dans plusieurs cas l'acte notarié n'est pas un confort, c'est une condition de validité.
Obligatoire : toute donation d'un bien immobilier
Maison, appartement, terrain : aucune donation immobilière ne peut se faire sans acte notarié.
Obligatoire : la donation-partage
C'est l'acte qui répartit de son vivant entre plusieurs héritiers et fige la valeur des lots au jour de la donation. C'est le meilleur outil contre les conflits entre frères et sœurs.
Obligatoire : la donation entre époux
Souvent appelée « donation au dernier vivant », elle élargit les droits du conjoint survivant.
Vivement conseillé : les situations qui sortent du cadre
Famille recomposée, Pacs ou concubinage, enfant en situation de handicap, entreprise, bien à l'étranger, héritier éloigné ou introuvable. Ce sont les cas où l'absence d'écrit produit des résultats que personne n'avait voulus. Un rendez-vous suffit souvent à savoir si votre situation en relève.
Facultatif : le testament olographe et le don d'argent
Ni l'un ni l'autre n'exige de notaire. Le testament gagne pourtant à être déposé chez lui, pour être inscrit au fichier central et retrouvé le moment venu.
Ce que vos proches auront à décider, et dans quels délais
La source de ces options et de ces délais
Fiche « Accepter ou renoncer à une succession » sur service-public.fr, vérifiée le 3 avril 2025.
Préparer sa succession, c'est aussi savoir ce qui les attend. Un héritier n'est pas obligé d'accepter : il peut accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net — il ne paie alors pas les dettes qui dépassent la valeur des biens —, ou renoncer.
Les délais sont longs mais réels : personne ne peut le forcer à choisir avant 4 mois, et il dispose de 10 ans pour se décider, faute de quoi il est réputé avoir renoncé.
C'est une raison de plus de laisser un inventaire clair. Un héritier qui ignore ce que contient la succession ne peut pas décider sereinement, et le doute pousse aux mauvais choix.
Étape 6 — Tout réunir au même endroit
Des informations dispersées dans des tiroirs, des emails et la mémoire de chacun finissent toujours par manquer au mauvais moment. Un testament chez le notaire, un inventaire dans un carnet, des mots de passe nulle part : c'est le cas le plus fréquent, et le plus coûteux en temps.
Prévenance vous guide rubrique par rubrique, vous indique quoi noter, et permet le moment venu de transmettre l'ensemble à vos personnes de confiance, en lecture seule. C'est la partie matérielle du travail — celle qu'aucun notaire ne fera à votre place.
Récapitulatif : les six étapes
| Étape | Ce que vous faites | Notaire ? |
|---|---|---|
| 1. Inventaire | Biens, comptes, contrats, où sont les papiers | Non |
| 2. Interlocuteurs | Notaire, banque, assurances, médecin | Non |
| 3. Donations | Transmettre de son vivant, 100 000 € par enfant tous les 15 ans | Oui pour l'immobilier et la donation-partage |
| 4. Testament | Répartir dans la limite de la quotité disponible | Non, mais dépôt conseillé |
| 5. Volontés et soins | Obsèques, objets, message, directives anticipées | Non |
| 6. Réunir le tout | Un seul endroit, transmissible à ses proches | Non |
Questions fréquentes sur la préparation de sa succession
- À quel âge faut-il commencer à préparer sa succession ?
- Il n'y a pas d'âge légal, mais un repère arithmétique : l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant se renouvelle tous les 15 ans. Commencer à 55 ans permet de l'utiliser trois fois, commencer à 80 ans une seule. Pour l'inventaire des papiers et des contrats, en revanche, aucun âge n'est trop tôt.
- Faut-il un notaire pour préparer sa succession ?
- Pas pour tout. L'inventaire, le testament olographe, les directives anticipées et un don d'argent se font sans notaire. Il devient obligatoire pour une donation immobilière, une donation-partage et une donation entre époux — et vivement conseillé en famille recomposée, en Pacs ou en concubinage, avec une entreprise ou un enfant en situation de handicap.
- Quelle différence entre une donation et un testament ?
- La donation prend effet immédiatement et ne se reprend pas. Le testament ne produit d'effet qu'au décès et reste modifiable ou révocable jusqu'au dernier jour. On peut faire les deux : donner maintenant ce qui est utile maintenant, organiser le reste par testament.
- Un testament écrit à l'ordinateur est-il valable ?
- Non. Le testament olographe doit être écrit en entier à la main, daté précisément et signé. Un texte tapé puis imprimé et signé n'est pas valable. Si vous ne pouvez pas écrire, la voie est le testament authentique, dicté à un notaire devant deux témoins ou un second notaire.
- Peut-on déshériter un enfant ?
- Non. Une part du patrimoine revient obligatoirement aux héritiers réservataires : c'est la réserve héréditaire, et sa proportion dépend du nombre d'enfants. Le testament ne permet de disposer librement que de la quotité disponible, le reste du patrimoine.
- Combien coûte un testament ?
- Le testament olographe est gratuit à rédiger. Le déposer chez un notaire, ce qui l'inscrit au fichier central des dispositions de dernières volontés, coûte 31,69 € TTC. Un testament authentique, dicté au notaire, coûte 135,83 € TTC. Ces tarifs sont réglementés — vérifiez-les sur la fiche officielle avant de vous déplacer.
- Où conserver son testament pour qu'il soit retrouvé ?
- Chez un notaire, de préférence : le dépôt fait inscrire son existence au fichier central des dispositions de dernières volontés, que le notaire chargé de la succession interrogera. Un testament gardé chez soi reste valable, mais il faut alors que vos proches sachent qu'il existe et où il se trouve.
- Un héritier est-il obligé d'accepter la succession ?
- Non. Il peut accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net — il ne paie alors pas les dettes qui dépassent la valeur des biens — ou renoncer. Personne ne peut le forcer à choisir avant 4 mois, et il dispose de 10 ans, au-delà desquels il est réputé avoir renoncé.
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